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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Solitude et fécondité

"Les lignes musicales entremêlées du contrepoint de Bach me renvoient à l'art de la calligraphie, un art typiquement chinois qui est avant tout un art de la respiration et de la méditation. En travaillant, je pense aux grands maîtres chinois de la calligraphie qui se retiraient dans le silence des montagnes, regardaient, contemplaient, sans rien faire d'autre, puis un jour se trouvaient prêts.


Chu Ta, prince de la dynastie des Ming, avait été contraint, à l'âge de dix-huit ans, de fuir l'invasion mandchoue et de se faire moine, dans un temple, dans la montagne. Là, vivant pauvre, inconnu, il avait passé la plus grande partie de sa vie à contempler, à ne rien faire pour finalement peindre quelques chefs-d'oeuvres rares et atteindre la notoriété à un âge très avancé. Zheng Bangio, un prodigieux peintre de bambous, a consacré plus de quarante années de sa vie solitaire à contempler et à reproduire son sujet. Il écrivait: "Quand tu penses que tu es en train de descendre, tu es en train de monter, mais tu ne le sais pas. Quand tu penses que tu es en train de monter, en réalité tu descends. Travaille et un jour, sans t'y attendre, tu arriveras à ce que tu souhaites".

L'histoire des vies de Chu Ta et Zheng Bangio me donne du courage. La pauvreté, l'anonymat, le mépris qu'ils ont l'un et l'autre endurés et qui auraient pu les détruire les ont rendus plus forts."

 

Zhu Xiao Mei, La Rivière et son secret, p. 268

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