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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Quand tout semble inutile...

L'espérance de Marie connaît, par le mystère du sépulcre, une ultime pauvreté : la pauvreté extrême du Cœur de son Jésus qui, dans les ténèbres glaciales du sépulcre, demeure abandonné des hommes, de ses amis, qui le considèrent déjà comme n'étant plus de ce monde, comme n'ayant plus de rôle à remplir, comme inutile et inutilisable.

Chaource détail

Déposition (Chaource, Aube, France)

Souvenez-vous de la lassitude profonde qui habitait le cœur des disciples d'Emmaüs. Cette pauvreté de l'espérance de Marie dans le mystère du sépulcre est l'inutilité de celle qui ne voit plus du tout pourquoi elle reste encore sur la terre. Dans les mystères de l'agonie et de la Croix, elle savait que le Christ voulait qu'elle soit là. Elle devait être près de lui pour lui manifester la fidélité de son amour. (...) Dans le mystère du sépulcre, la pauvreté est encore plus grande. C'est l'anéantissement qui la met dans une inutilité complète. Elle ne peut même pas rester là avec les gardiens, elle n'a plus rien à faire, elle vient d'être dépouillée de tout de façon extrêmement douloureuse. Il faut qu'elle connaisse dans son espérance cette inutilité jusqu'à son état le plus aigu, jusqu'à l'inutilité du cadavre, de celui dont on ne parle plus. Elle connaît le désir des princes des prêtres d'enfouir le Christ. Tout est alors comme éteint, vide et muet. Il y a un silence de Dieu qui pèse, un silence extraordinaire, le silence du sépulcre.

Elle n'a plus qu'à attendre le moment où Dieu voudra se manifester. Elle met toute sa confiance dans le Cœur glacial et abandonné de son Fils qui est comme l'instrument propre de la miséricorde divine sur son âme et sur sa vie de fille du Père et de Mère des hommes. Elle doit donc s'appuyer divinement sur ce Cœur cadavérique, caché, invisible aux regards humains et, par lui et en lui, attendre la miséricorde du Père qui se tait, qui semble s'être définitivement éloigné, mais dont elle ne désespère pas, puisqu'il y a la promesse de la Résurrection.

 

Marie-Dominique Philippe, OP, Monastère du Coeur immaculé de Marie, Bouvines, 1951

© Congrégation Saint-Jean

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