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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Pour une réflexion théologique sur les charismes (VI)

Pistes de recherche

Nous voudrions maintenant soulever trois questions ou proposer trois pistes pour renouveler la recherche et la réflexion théologiques sur la place des grâces charismatiques dans la vie de l’Église.

Saint Thomas, nous l’avons vu, situe les charismes du point de vue de l’analyse propre de la théologie scientifique, qui se situe sur le plan de l’intelligibilité. Les précisions qu’il apporte sont absolument essentielles car elles permettent de bien distinguer les choses et de ne pas demeurer dans les confusions en tout genre. Mais si la théologie scientifique est une étape nécessaire, elle demande d’être reprise dans une théologie mystique, en reprenant les choses directement à partir de la Parole de Dieu et en utilisant une philosophie qui explicite les choses d’une façon plus profonde, du point de vue de la personne et de la finalité. Y a-t-il donc une lumière de théologie mystique sur les charismes, qui permette de les expliciter d’une façon plus profonde ? Sans doute faudrait-il chercher à la développer en regardant la plénitude des charismes dans le Christ et la manière dont il les exerce.

images-2-copie-1D’autre part, si le mystère de la Pentecôte est charismatique et implique un envoi particulier de l’Esprit Saint aux Apôtres pour l’exercice de leur mission apostolique, nous ne devons pas oublier qu’elle présuppose la « Pentecôte » de la Croix (cf. Jn 19,33 et 1 Jn 5,6-12) et celle du soir de Pâques (Jn 20,22-23). Nous ne pouvons pas réduire l’action de l’Esprit Saint aux dons charismatiques. C’est à la Croix que l’Esprit Saint est donné à Marie et à Jean comme Paraclet. Se pose la question suivante : comment pouvons-nous situer les charismes dans la perspective d’une théologie du Paraclet ? Pour la faire, nous devrions nous replonger constamment dans l’enseignement prophétique du Christ, après la dernière Cène, qui annonce la venue du Paraclet. Aussi, nous ne situerions pas seulement les charismes relativement à la mission du Verbe incarné et à la communication de la Parole de Dieu, mais dans la lumière du mystère de Marie et de la mission du Paraclet.

Enfin, nous pouvons nous interroger sur « les temps où nous sommes » (cf. Lc 12,56 ; Mt 16,3. Cf. 1 Th 5,1; 1 Pe 1,10-11) ! Si nous voyons l’importance des charismes dans l’Église primitive, aux âges de l’éclosion de la vie évangélique, si nous les voyons dans les moments de grandes luttes que l’Église a traversés, nous devrions aussi chercher à les regarder dans la dernière semaine du Christ que nous rapportent particulièrement les chapitres 12 à 19 de l’Évangile selon saint Jean. N’est-ce pas ce qui éclairerait d’une façon particulière la vie de l’Église aujourd’hui, en particulier à partir du 2e Concile du Vatican ? En ce sens, l’effervescence charismatique qui est apparue en notre temps, tout en étant toute proche de celle de l’Église des premiers temps, en est profondément différente : l’Alpha et l’Oméga se touchent, mais l’Oméga n’est pas l’Alpha ! Voilà ce qui demanderait que nous soyons attentifs aux signes des temps et que nous nous mettions au travail. Mais hélas, les théologiens sont souvent paresseux !

(À suivre : réponse aux questions)

 

Marie-Dominique Goutierre

© www.les-trois-sagesses.org

 

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