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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

PAROLE DE DIEU, PAROLE D'AMOUR

220px-Saint Thomas AquinasEn commentant saint Jean, saint Thomas lui-même nous avertit que « les paroles du Christ sont si profondes, et dépassent tellement l’intelligence humaine, que nous ne pouvons les saisir davantage que dans la mesure où lui-même nous les révèle, car, comme disent les Proverbes, la gloire du Seigneur, c’est de cacher sa parole (gloria Domini est celare verbum) » (Commentaire sur S. Jean, 13, n° 1816 ; cf. Prov 25,2). La parole de Dieu, même dans son sens le plus littéral – la « vérité de la foi » – n’est-elle pas toujours une parole qui nous introduit dans le mystère ?

Commentant ce verset de l’épître aux Hébreux : la parole de Dieu est vivante, efficace et plus pénétrante qu’un glaive à deux tranchants (He 4,12), saint Thomas nous dit que « cette parole de Dieu est vivante » parce qu’elle est « le Verbe vivant de Dieu », car toute parole dérive de « ce Verbe primordial conçu éternellement dans l’intelligence paternelle » (Ad Haebr., n° 217). La parole de Dieu n’est pas une parole qui se borne à décrire historiquement, elle n’a pas pour but de raconter des faits ; elle est toujours une parole qui nous introduit dans le mystère de Dieu. C’est la parole du Père, de l’Époux, qui nous révèle les secrets de Dieu, le secret de son amour personnel et le secret de son amour dans sa conduite sur les hommes.

Celui qui vient au Christ (Jn 6,45), nous dit saint Thomas, vient à lui « par la connaissance de la vérité », et en ce sens il doit, « sous l’inspiration de Dieu », écouter ce que le Seigneur dit en lui (Ps 84,9) ; mais il vient aussi « par le désir » : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi (Jn 7,37) ; et celui qui vient au Christ « par l’amour et le désir » doit « écouter le Verbe du Père » afin d’être enseigné par lui. Car on n’est véritablement enseigné par une parole que si on la saisit selon l’intention de celui qui la dit, selon la signification qu’il lui donne. « Or le Verbe de Dieu, du Père, est un Verbe qui spire l’amour ; c’est donc celui qui le reçoit avec la ferveur de l’amour, qui s’en instruit » (Commentaire sur S. Jean, 6, n° 946).

 

M.-D. Philippe, OP, « Préface » à S. Thomas d’Aquin, Commentaire sur Saint Jean

© Editions du Cerf
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