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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Lutte des classes, structuralisme et "gender"

L’idéologie du « gender » reprend l’interprétation que donne Engels de la lutte des classes. On sait que, selon Marx, la lutte des classes était, par excellence, la lutte opposant le capitaliste au prolétaire. Pour Engels, cette lutte est d’abord celle qui oppose l’homme (le maître) à la femme (son esclave). La famille hétérosexuelle serait le lieu par excellence où la femme est exploitée et opprimée par l’homme. La libération de la femme passe donc par la destruction de la famille. Une fois « libérée » du joug marital et du fardeau des maternités, la femme pourra occuper sa place dans la société de production.

Lutte des classes et structuralisme

S’inspirant non seulement de la lutte des classes, mais aussi du structuralisme, l’idéologie du « gender » considère que chaque culture produit ses règles de conduite. La culture traditionnelle doit être dépassée, « car elle opprime la femme ». Les femmes doivent prendre la tête d’une nouvelle révolution culturelle avec de nouvelles règles de conduite.

Cette nouvelle culture considère que les différences de rôles entre les sexes n’ont aucun fondement naturel ; elles sont apparues à une certaine époque de l’histoire et le moment est venu qu’elles disparaissent. Le « gender » assure que les différences de rôles entre l’homme et la femme sont d’origine purement historique ou culturelle : elles sont le produit d’une culture en voie d’extinction. La nouvelle culture doit « dématerniser » la femme et abolir toutes les distinctions.

Cette idéologie a été adoptée par la plupart des agences de l’ONU et par d’innombrables ONG. Grâce à ces complicités croisées, elle étend ses ramifications partout, y compris dans certaines œuvres caritatives chrétiennes, qui ont accepté aveuglément cette forme de colonisation idéologique.

L’avortement, «nouveau droit» de l’homme

Alors que la votation de 2002 et les discussions qui l’ont précédée portaient sur la « dépénalisation » de l’avortement – vocable qui suggérait une « dérogation » et non un droit. En allemand on parlait de « Freigabe » et non de « Recht ».

Dans le cadre de la culture nouvelle, celle qui s’inspire de l’idéologie du « gender », l’avortement apparaît aujourd’hui explicitement comme un « nouveau droit » de l’homme qui menace non seulement l’existence de la famille, mais la vie de l’enfant non né.

Les « droits à la santé reproductive »

Les autres « nouveaux droits » que l’ONU s’emploie à imposer comprennent aussi les « droits à la santé reproductive ». Nous allons passer en revue quelques-uns de ces soi-disant «nouveaux droits» en montrant comment et pourquoi ils sont destructeurs de la famille.

La spirale contraceptive. La généralisation de la contraception a été et continue à être largement patronnée et subventionnée par l’ONU et ses satellites, dont l’IPPF (le planning familial international). La contraception détruit la famille de multiples façons. D’abord, la contraception atteint de plein fouet les deux fins du mariage. Elle atteint la parole donnée au conjoint, car elle introduit dans la relation conjugale un élément de méfiance qui est destructeur de l’amour. Elle peut atteindre l’être conçu, car bon nombre de préparations contraceptives actuelles ont aussi des effets abortifs. Les usagers de la contraception attendent de celle-ci une efficacité totale. Le « droit à la contraception » implique donc le « droit à l’avortement » de rattrapage. Il s’ensuit que, dans l’union conjugale, le plaisir est perçu comme le bien à rechercher et l’enfant comme le risque à éviter.

À nouvelle culture, nouvelle éducation. L’ONU et ses satellites agressent encore la famille de façon plus sournoise en faisant une campagne mondiale pour l’éducation sexuelle. Public visé spécialement : les adolescents. Ceux-ci doivent jouir sans restrictions des « droits reproductifs » : contraception, pilule du lendemain, avortement en toute confidentialité. Les parents n’ont aucun droit de regard sur les « nouveaux droits » que les adolescents sont invités à exercer. À première vue, l’interdiction d’intervenir faite aux parents ne porte que sur la seule question de l’éducation sexuelle. En réalité, cette interdiction signale la prochaine déresponsabilisation des parents ; ceux-ci vont être peu à peu dessaisis de tout contrôle sur l’éducation donnée à leurs enfants. La nouvelle « culture » issue de l’idéologie du genre appelle une nouvelle éducation, l’éducation aux « nouveaux droits » de l’homme. Cette éducation ne peut être garantie par les parents, a priori suspects d’attachement à la culture dépassée.

Les enfants devront donc recevoir une éducation idéologiquement correcte, en l’occurrence anti-famille, qui sera dispensée dans tout le réseau scolaire dûment téléguidé.

 

Mgr Michel Schooyans et Olivier Dehaudt, in : Le Nouvelliste des 17, 18 et 19 mars 2012, p. 18.

© Le Nouvelliste

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