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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Le cri de soif et la blessure du Coeur

Au terme de l’Evangile de Jean – le disciple qui a reposé sa tête sur le cœur de Jésus à la Cène, qui a reçu Marie à la Croix et qui est témoin du coup de lance –, il y a deux grands aspects qu’il ne faut jamais séparer et qui achèvent toute la Révélation : le cri de soif et la blessure du cœur. Et c’est à partir de là que Jean découvre que « Dieu est Amour[1] ». Jésus, dans l’Evangile, ne l’a pas dit : il laisse Jean le dire. Dieu trois fois saint est Amour, il est Amour en lui-même, dans son mystère trinitaire, et c’est ce mystère de Dieu-Amour qui est l’ultime explication théologique du mystère de l’Incarnation et de la Rédemption. C’est parce que Dieu est Amour qu’il a voulu s’incarner ; c’est parce que Dieu est Amour qu’il a voulu mourir sur la Croix pour, dans un seul acte, glorifier le Père et nous sauver.05 La Crucifixion

Cette ultime lumière sur le mystère de l’Incarnation rédemptrice se concrétise en quelque sorte, et nous est donnée, par le cri de soif et la blessure du cœur, par une parole et par un geste. Le cri de soif exprime que Jésus va « jusqu’au bout » de l’amour[2], et la blessure du cœur manifeste d’une façon visible, tangible, cette soif d’amour, cette soif d’aimer le Père et d’aimer Marie – et donc de nous aimer.

Ce cri et ce geste ne peuvent pas se comprendre de l’extérieur : l’amour ne se comprend que par l’amour, il ne se comprend que de l’intérieur. Il nous faut donc contempler ce mystère ultime et nous laisser attirer par lui : « Une fois élevé de terre, j’attirerai tout à moi[3] ».

M.-D. Philippe, OP, J'ai soif, Prologue.

© Editions Saint-Paul



[1] 1 Jn 4, 8.

[2] Cf. Jn 13, 1.

[3] Jn 12, 32.

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