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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

La vie monastique, une source de renouveau (III)

Des réactions superficielles

Devant cela, il peut y avoir deux réactions qui restent superficielles. Elles ne sont pas de vraies réponses, des réponses suffisamment évangéliques et profondes

Il y a d’abord celle qui consiste à dire que la vie monastique est finie, qu’il est impossible de la vivre aujourd’hui. Cela signifie en réalité une abdication complète de la vie chrétienne dans sa radicalité évangélique (1). Ne s’agit-il pas souvent, en réalité, d’un manque d’espérance chrétienne et de force ?

Mais on rencontre aussi la réaction d’un raidissement formaliste, dans une sorte de repli sur soi, un durcissement moral et doctrinal un peu pharisaïque. Il est facile de le constater dans beaucoup de nos pays…

Ne faut-il pas plutôt comprendre ce que disait sainte Thérèse d’Avila ? Dans toute situation périlleuse, qui attaque le fondement de toute notre vie, ne devons-nous pas prendre des moyens radicaux (2)? Pour redonner à la vie monastique toute sa vigueur, toute sa jeunesse, ne faut-il pas creuser plus et saisir le pourquoi de la vie monastique dans l’Église ? Il faut bien découvrir que la vie monastique est comme l’âme de la vie chrétienne.

Cela nous oblige en premier lieu à un renouveau théologique. En effet, la scolastique dite thomiste est restée dans une pensée formelle. Nous avons besoin aujourd’hui d’une théologie qui reprenne tout par la finalité, ce qui correspond d’une façon beaucoup plus profonde aux exigences de la parole de Dieu et aux attentes des hommes d’aujourd’hui. Une recherche dans la perspective de la causalité finale permet d’avoir de très grandes audaces, qu’il est difficile de bien exprimer.

Ici, ne faut-il pas essayer de comprendre comment la vie monastique vit au cœur de l’Église le mystère de la maternité divine de Marie ? Elle est fondamentale et ultime, au-delà de tout formalisme. Et elle est la reprise la plus profonde par Dieu de l’équilibre si délicat entre la nature, la personne et la grâce.

(A suivre)

 

M.-D. Philippe, La vie monastique...

© Communauté Saint-Jean

(1). « Les difficultés que rencontrent actuellement un certain nombre d’Instituts dans plusieurs régions du monde ne doivent pas amener à mettre en doute le fait que la profession des conseils évangéliques est une partie intégrante de la vie de l’Église, à laquelle elle donne un élan précieux pour une cohérence évangélique toujours plus grande » (Jean Paul II, Vita consecrata, § 3).

(2). « Comme je vois des maux si grands que les forces humaines ne suffisent pas à maîtriser cet incendie, (…) il m’a semblé nécessaire d’agir comme lorsqu’en temps de guerre les ennemis ont occupé tout le pays. Le seigneur du pays, se voyant perdu, se retire dans une ville qu’il fait très bien fortifier et d’où il arrive de temps en temps qu’il charge l’ennemi ; comme ceux qui sont dans le château fort sont des hommes d’élite, ils peuvent plus à eux seuls que des soldats en grand nombre, mais lâches ; et souvent ils remportent ainsi la victoire ; du moins, s’ils ne gagnent pas, ils ne sont pas vaincus ; comme il n’y a pas de traîtres mais uniquement des hommes d’élite, on ne peut les vaincre que par la famine. Ici, il n’y a pas de famine qui puisse nous forcer à nous rendre ; à mourir, oui, mais à nous reconnaître vaincues, jamais » (Le Chemin de Perfection, Manuscrit de l’Escorial, ch. 3, trad. J. Poitrey, Paris, Cerf, 1981, pp. 27-28).

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