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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

La sculpture et la présence: unité de l'âme et du corps

La sculpture est l’art du corps dans sa présence et son intégrité. Elle donne le sens d’une perfection, car le corps est la réalité physique parfaite. Le sculpteur saisit et exprime par son art que le corps humain est la réalité naturelle la plus parfaite, le sommet de l’univers physique ; il y a donc un lien mystérieux entre le corps humain, corps naturel le plus parfait, et la lumière, qualité par excellence du monde physique.

L’art du sculpteur révèle la présence, l’être-là du corps, dans son unité et son harmonie, dans sa structure et son mouvement. Et quand il s’agit du corps humain, il manifeste le désir et la nostalgie d’une unité parfaite entre l’extériorité du corps et l’intériorité de la présence personnelle provenant de l’âme spirituelle.

La sculpture s’enracine donc dans le désir constant de l’affectivité humaine de dépasser l’extériorité. Par lui-même, le corps a quelque chose d’obscur, d’inconnu : comme quantité, il extériorise et délimite, il confine à un lieu. Soumis à la pesanteur, il porte en lui l’indétermination de la matière et son irréductibilité à la forme. C’est pourquoi la présence humaine, spirituelle, peut être voilée par le corps qui s’impose pour lui-même.

La perfection du corps humain, personnel, est d’être porteur et signe d’une présence. Alors il n’extériorise plus mais pacifie, réalise une communion, en particulier par le geste. Le vœu du sculpteur est que sa statue, qui est , soit source d’une présence, et d’une présence vivante : il faudrait que ce Moïse se lève, soit là pour moi ! Cette présence, dans sa perfection humaine, est celle de l’ami. Car l’amour, qui est une union affective, réclame une union effective pour s’exercer et s’approfondir, ce qui exige la présence de l’ami. L’amour réclame la présence et trouve ainsi la joie. Grâce au corps, une vie commune est possible : une communion dans l’œuvre commune, dans le temps, dans le lieu. C’est pourquoi l’affectivité souhaite la perfection, l’intégrité ; quant à la présence, elle voudrait la vivre dans une totale transparence, dans l’unité, l’harmonie du spirituel et du sensible, ce qui, hélas, n’est jamais complètement vécu ! Le corps extériorise alors qu’il devrait être signe d’une présence.

L’art de la sculpture éveille donc d’une façon particulière le sens de la perfection. La sagesse est la connaissance parfaite, plénière, et c’est en elle que la vérité est connue dans son intégrité.

Marie-Dominique Goutierre

© www.les-trois-sagesses.org

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Solves 01/07/2015 23:33

je suis sculpteur et découvre ce texte avec bonheur. j'ai toujours avancé que l'art était la "présence" du dedans, de l'intrinsèque divin en nous, merci.

Les trois sagesses 05/07/2015 18:49

Merci de votre réaction.