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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

La danse et l'immanence de la vie

La danse, Matisse

La danse, Matisse

En tant que vivant, l’homme a une place particulière dans cet univers physique qui est son milieu : il se développe dans une immanence qui lui donne son propre rythme et son autonomie. L’homme n’est pas seulement une partie de l’univers, mû à cause de son corps matériel et quantitatif ; comme vivant, il se meut.

Le mouvement vital de l’homme est même celui d’un vivant spirituel, doué d’intelligence et de volonté : nous nous assimilons la signification de la réalité lorsque nous la connaissons, et nous progressons dans la connaissance ; nous nous intériorisons toujours davantage dans l’amour, dans des choix de plus en plus personnels et libres. Et nous sommes capables de nous servir de notre vie sensible de connaissance (les sensations, l’imagination, la mémoire) et d’affectivité (les passions), pour progresser dans la connaissance intellectuelle et l’amour spirituel.

Plus la vie est parfaite comme vie, plus elle est immanente, plus le mouvement même du vivant est finalisé par sa propre perfection. Plus le vivant est vivant, moins il est limité par l’extériorité de son corps et de la matière. Dans la vie de l’esprit, cette immanence vitale devient une intériorité spirituelle : celle de la connaissance intellectuelle et de l’amour volontaire.

C’est donc d’une manière très analogique, dans une très grande diversité, que le mouvement immanent du vivant est présent à tous les niveaux de la vie de l’homme : depuis la vie végétative (le vivant respire et s’assimile l’aliment), jusqu'à la vie de l’esprit, en passant par la vie sensible.

Le mouvement local, à travers la complexité et l’unité du corps, manifeste d’une façon particulière cette immanence du vivant : il se meut et se développe selon le rythme vital et l’autonomie qui lui sont propres. Et le mouvement local en dévoile d’une façon particulière les désirs et l’orientation vers sa fin : nous sommes attirés par ce que nous aimons ; nous fuyons ce qui nous blesse ou nous fait peur.

 

Le mouvement, la marche, la course, manifestent donc d’une façon particulière la perfection du vivant dans son autonomie vitale, le vivant dans sa qualité propre de vivant. A l’inverse, l’immobilité du cadavre est le signe de la rupture, de la brisure radicale qu’est la mort : il ne se meut plus, il ne respire plus, il ne bouge plus, il n’est plus présent.

Voilà bien une expérience à laquelle l’homme est confronté et qui le met devant un problème, une question radicale : qu’est-ce que la vie, qu’est-ce que la mort ? Celle-ci est-elle un terme, une brisure définitive, la chute vers le néant ? Tant d’auteurs contemporains le pensent et le soutiennent. L’homme ne peut en tout cas éviter cette question lorsqu’il se trouve devant la mort de ceux qu’il aime, et devant l’imminence, parfois ressentie, de la sienne propre. Telle est bien une expérience qui confronte l’homme à une question essentielle et qui attend une réponse de sagesse. N’ayant pas l’expérience de la mort, l’homme ne peut qu’être conduit à une lumière plus profonde dans laquelle il entre, à laquelle il s’ouvre par une interrogation. Et on peut dire que cette question hante toute l’histoire de la philosophie, de Platon à Sartre…

La mort et la vie : affrontement qui semble parfois se muer en une danse, mais qui pose à l’homme la question de sa destinée, du sens de sa vie, de l’immortalité, de la victoire de la vie sur la mort.

Marie-Dominique Goutierre

© www.les-trois-sagesses.org

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