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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

L'induction, désir de l'intelligence

L’induction de l’être-en-acte est « analogique et synoptique », selon l’expression d’Aristote[1] : elle rassemble toutes les expériences humaines en les regardant sous ce point de vue de deux états qui se retrouvent à tous les niveaux, l’unité n’existant qu’au niveau de l’être. Dans la diversité extrême de nos expériences, il y a une unité d’ordre de l’imparfait vers le parfait. Et c’est le jugement « ceci est » qui nous montre que seul ce qui est, en tant qu’il est, est au-delà de toute la diversité des états. Les états en tant que tels sont corrélatifs et n’expliquent pas par eux-mêmes cet ordre. Il faut donc dépasser leur dualité pour découvrir la source de l’ordre qui existe entre eux au niveau même de l’être : l’être-en-acte, principe et cause finale de ce qui est en tant qu’il est.

Ce n’est donc pas par des exemples que nous saisissons l’être-en-acte ! C’est par une démarche inductive, pénétration ultime de notre intelligence dans la connaissance qu'elle a de ce qui est, au-delà de la description, au-delà de la définition logique, au-delà même de la découverte de l’ousia-substance comme principe et cause selon la forme de ce qui est. C’est à partir de la découverte de l’être-en-acte, principe et cause selon la fin de ce qui est que nous pouvons saisir dans leur fine pointe ce que sont notre intelligence et notre volonté : capacité de connaître la vérité en adhérant à ce qui est, capacité d’aimer le bien existant, la personne bonne capable de devenir notre ami.

 

La contemplation philosophique sera le fruit savoureux de cette découverte : nous ne pouvons nous élever à la contemplation de la simplicité de l’Être premier, Acte pur, que par la finalité. Si notre intelligence est faite pour ce qui est, ce que nous manifeste le jugement d’existence et la découverte du vrai, c’est la découverte de l’être dans ce qu’il a d’ultime qui lui permettra d’avoir comme un levier pour s’élever jusqu’à la contemplation de l’Être premier. En lui, lumière et amour, vérité et bonté s’identifient : Dieu est lumière, Dieu est amour. La sagesse, qualité acquise de notre intelligence humaine, est ce qui nous permettra d’exercer la contemplation et de découvrir en elle la source de l’unité la plus profonde de notre personne humaine.

 

Marie-Dominique Goutierre

© www.les-trois-sagesses.org



[1]. Métaphysique, È, 6, 1048 a 35.

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