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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

L'Avent de la Résurrection

Les sept dernières paroles de Jésus, les sept paroles prononcées sur la Croix, sont en premier lieu pour Marie, et nous devons en vivre grâce à elle et en elle. Dans l’abandon total qu’elle vit pendant le temps du Sépulcre, ces sept paroles sont sa seule lumière, et elles sont la seule lumière que nous ayons pour entrer dans le silence de Marie espérant la Résurrection. Or le temps qu’il nous reste à vivre jusqu’au retour de Jésus n’est-il pas comme un grand samedi saint, au cours duquel il nous est demandé de hâter ce retour ? Le chrétien n’est-il pas celui qui, dans sa foi et son espérance, vit déjà la vie éternelle ? Et l’Eglise (et donc chacun de nous) n’est-elle pas l’Epousée qui, avec l’Esprit, dit : « Viens ! » à celui qui lui-même nous dit : « Oui, je viens bientôt »[1] ?03 La Résurrection

Si l’Eglise doit vivre ce que le Christ lui-même a vécu — puisque, comme le dit Jean Paul II, elle a la même mission que le Christ[2] —, elle doit vivre aussi sa Passion, et on peut dire que, depuis le concile Vatican II, elle est entrée dans la « dernière semaine »[3] telle que nous la rapporte saint Jean, du repas de Béthanie au Sépulcre. Nous devons donc entrer, pour l’Eglise et pour toute l’humanité, dans le silence de ce grand sabbat, dans ce mystère du Sépulcre, et le vivre avec Marie par amour pour Jésus et pour les hommes. N’est-ce pas ce dépouillement qui nous permettra d’attendre vraiment le retour du Christ ? S’il n’y a pas dans notre vie le cri de soif, la blessure du cœur et le dépouillement total du Sépulcre, serons-nous vraiment en attente du retour du Christ ? Ne le laisserons-nous pas revenir « comme un voleur »[4] ? Or il ne veut pas revenir comme un voleur, il veut être attendu et désiré comme l’Epoux[5]

Il faut donc que nous fassions l’effort — non pas à la force du poignet, mais grâce aux dons du Saint-Esprit — de nous laisser purifier et vivifier par les sept paroles du Christ en Croix.

Ces sept paroles de Jésus, qui sont comme un testament, ont quelque chose d’infini. Encore une fois, nous ne pouvons les vivre qu’avec Marie, grâce à elle et en elle. On peut les méditer, certes, et c’est ce qu’on fait quand on prêche ; mais dans le silence de l’oraison on dépasse la méditation pour entrer, par la foi, l’espérance et l’amour, en contact direct avec le cœur de Jésus.

M.-D. Philippe, J'ai soif, p. 17-18.

© Editions Saint-Paul



[1] Ap 22, 17 et 20.

[2] Voir Redemptoris missio, § 18, § 19 et § 20 ; Dominum et vivificantem, § 61 ; Tertio Millennio Adveniente, § 56 (citant Vatican II, Gaudium et Spes, § 3 ; cf. Les trois sagesses, pp. 314 et 356.

[3] Voir op. cit., p. 397 et 335-336.

[4] Ap 3, 3 et 16, 15. 2 Pe 3, 10.

[5] Voir Ap 22, 17-20 : « L’Esprit et l’Epousée disent : “Viens !” (…) “Oui, je viens bientôt !” ». 3, 20 : « Voici que je me tiens à la porte et je frappe… ». Mt 25, 6 : « Au milieu de la nuit il y eut un cri : “Voilà l’époux ! Sortez au-devant de lui”. »

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