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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

INTELLIGENCE ET AMOUR

Deux types d’intelligence. La première trouve sa nourriture suffisante dans le raisonnement. Elle va des causes aux effets, d’une chose à sa conséquence, d’un début à une fin. La conséquence, l’effet, la fin sont pour elle des lieux de repos. Voici de quoi je suis partie et voici où je vais passer ma nuit. Je pose deux plus deux et je m’endors dans quatre. Je cherche, puis je trouve et dans ce que je trouve il n’y a rien de plus ni de moins que dans ce que je cherchais. La seconde intelligence a besoin de l’amour et ne découvre de repos nulle part. Elle ne va pas d’une chose ancienne (la cause, le début, deux plus deux) à une chose qui fane dès qu’on l’atteint (l’effet, le terme, quatre). Elle va de l’éternellement neuf à l’éternellement neuf, de l’inconnu qui est en nous à l’inconnu qui est dans l’autre. Il n’y a pour cette intelligence aucun arrêt possible, aucun résultat dont elle pourrait s’enorgueillir et dans quoi elle gagnerait un sommeil mérité. Il n’y a jamais de résultat – qu’un mouvement toujours à poursuivre. L’amour nourrit et relance ce mouvement : plus on aime et plus ce qu’on aime est à découvrir, c’est-à-dire à aimer encore, encore, encore.

 

C. Bobin, Autoportrait au Radiateur

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