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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Hosanna!

« Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, et le roi d’Israël ! » (Jn 12, 13). Lorsque les foules avaient voulu le proclamer roi après la multiplication des pains (Jn 6, 14-15), Jésus s’était enfui, abandonnant ses Apôtres qui s’étaient eux-mêmes laissé  prendre par l’opinion et l’engouement général… Il avait refusé d’entrer dans leur tentation, ne voulant pas être accaparé par les hommes, n’acceptant pas d’être reçu comme un Messie temporel ; il ne voulait pas satisfaire le désir des hommes de retourner au Paradis terrestre, de se faire conduire « avec l’accord et la bénédiction de Dieu » de façon à vivre sur la terre dans une harmonie parfaite, à l’abri des luttes et des difficultés.

Ce désir de retourner au Paradis terrestre, cette recherche d’un messianisme temporel, est sans doute une note constante des nostalgies humaines ; c’est un désir éperdu, constamment renaissant, qui surgit dans les propagandes et anime toutes les grandes idéologies : illusions au nom desquelles l’homme se révolte si souvent contre Dieu, parce que celui-ci ne se rend pas à la sommation que les hommes lui adressent…Giotto-di-Bondone-Scenes-de-la-vie-du-Christ-Entree-a-Jerus.jpg

A Pilate, Jésus enseignera : « Mon Royaume n’est pas de ce monde » (Jn 18, 36). A cette foule qui l’acclame alors qu’il entre à Jérusalem, Jésus l’enseigne par un geste. Dans l’urgence de cette dernière rencontre, de cet adieu, Jésus répond à son peuple ; une dernière fois, il l’accueille avec miséricorde et douceur. Il sait pourtant la complexité des attentes des hommes, il sait combien la foule est versatile et ce qu’elle criera quelques jours plus tard, manipulée par les grands prêtres et terrorisée par les soldats… Malgré cela, il répond parce qu’il entend ce qui, dans ce cri qui s’élève du cœur de ces hommes, demeure vrai. Il le purifie, le rectifie par la réponse qu’il y apporte ; il n’éteint pas la mèche qui fume encore… Et il le fait, non pas par la parole – il n’est plus temps de parler – mais par un geste silencieux et d’autant plus éloquent : « Trouvant un petit âne, Jésus s’assit dessus, selon qu’il est écrit : Sois sans crainte, fille de Sion ; voici que ton Roi vient, assis sur un petit d’ânesse » (Jn 12, 14-15).

La réalité de ce geste accomplit ce que le Prophète avait annoncé et éclaire d’une façon ultime la manière dont le Christ avait accompli sa mission au milieu de son peuple. C’est ainsi qu’il leur montre de quelle manière il exerce son autorité royale d’envoyé du Père au milieu des hommes : c’est dans la miséricorde et en donnant sa vie que Jésus est le Roi d’Israël. Jésus avait dit : « Moi, je suis le Berger, le bon Berger. Le berger, le bon berger, livre sa vie pour ses brebis… » (Jn 10, 11). En faisant ce geste, Jésus invite la foule à le suivre dans cette extrême douceur, dans cet accomplissement de sa mission. Comme il fera passer ses Apôtres de la Pâque ancienne à la Nouvelle Pâque par le lavement des pieds (Jn 13), c’est en se présentant dans la pauvreté, dans la douceur, dans la petitesse, que Jésus accueille cette foule qui l’acclame. Il l’invite ainsi à sa suite sur le chemin de la Révélation de l’Amour du Père pour les hommes.

Marie-Dominique Goutierre

© www.les-trois-sagesses.org

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