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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Cela ne fait pas de mal à un chrétien d'être intelligent...

MDP.jpgSi la vie religieuse, ou la vie chrétienne tout court, est vécue d’une manière intelligente — cela ne fait pas de mal à la vie chrétienne, d’être vécue d’une manière intelligente ! il n’y a pas d’opposition entre les deux —, il peut y avoir une réflexion philosophique sur les grands problèmes de la vie humaine, sur les grands problèmes de notre expérience d’homme ; et à partir de là on peut — cela exige une très grande lucidité (je ne dis pas un esprit critique, mais une très grande lucidité) — essayer de discerner ce qu’on dit en tant que chrétien et ce qu’on dit en tant qu’homme, en tant qu’homme qui veut être intelligent, qui veut chercher, qui veut comprendre, qui veut s’ouvrir à un dialogue avec tous les hommes. Il me semble, en effet, que la question est là. Si on dialogue avec un chrétien, on peut tout de suite parler chrétiennement, en référence au Christ et à la Bible. Si on est au contraire en face d’hommes qui ont volontairement oublié ces références ou ne les ont jamais connues, on est alors obligé d’avoir un langage qui corresponde à une réflexion typiquement humaine.

Je dirais qu’aujourd’hui, tout chrétien intelligent devrait pouvoir avoir ces deux registres. Autrement on en arrivera à une position qui m’a toujours beaucoup frappé et qui était, entre autres, celle de Merleau-Ponty. Il n’hésite pas à dire : « Je n’aime pas parler à des catholiques, parce qu’ils savent. » Je dirais que les catholiques qu’il avait rencontrés n’étaient pas assez philosophes, autrement dit n’étaient pas assez intelligents humainement. Autrement, Merleau-Ponty n’aurait pas dit cela ; il aurait dit : « Cela m’intéresse, de parler avec des gens qui ont peut-être une culture très différente de la mienne, qui maintiennent dans leur vie un aspect chrétien, mais qui restent en contact avec les problèmes humains. » Car si on y réfléchit, on peut, en étant attentif, se placer dans une perspective proprement philosophique.

 

Marie-Dominique Philippe, OP, Les trois sagesses, p. 17-18

© Librairie Arthème Fayard

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