Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

BLESSURE DU COEUR

La blessure du cœur est bien le geste ultime. (…) Ce geste du soldat n’est pas un geste commandé, c’est un geste de pure gratuité. Surpris de la mort si rapide du Christ, il ne sait pas très bien ce qu’il doit faire. Pour les deux qui ont été crucifiés avec Jésus, il obéit à ce qui lui a été demandé. Rompre les jambes des crucifiés pour hâter leur mort à cause de l’approche du sabbat (cf. Jn 19,31-32), c’était « normal ». Mais là, puisque les soldats constatent que Jésus est déjà mort (ils sont plusieurs à le constater), le geste que fait l’un d’eux est complètement anormal et inutile.

Et ce geste a, humainement parlant, quelque chose de révoltant : un cadavre, on le respecte! On respecte quelqu’un qui n’a plus aucune défense parce qu’il est mort. Ce geste du soldat n’est plus humain puisqu’il est fait par hasard et n’est pas porteur d’une intention – le soldat ne sait plus quoi faire. Ce geste est l’ultime humiliation du Christ crucifié. « Il s’est anéanti (…) c’est pourquoi Dieu l’a exalté » (Phi 2,7-9).

L’Apocalypse nous montrera l’Agneau égorgé illuminant toute la Jérusalem céleste (Ap 21,23). C’est donc cette blessure qui sera, dans la glorification du corps du Christ, le point central. C’est là que la glorification du corps du Christ va être plénière, va atteindre son sommet. La splendeur du corps glorifié de Jésus, qui exprime la grande victoire de l’amour, vient de la blessure de son cœur. En effet, la victoire de l’amour nous est donnée d’une manière ultime à travers la révélation de son cœur blessé, puisque pour nous sauver il est allé jusqu’à accepter cette ultime humiliation, cette ultime manifestation de son amour dans la plus grande pauvreté, le plus grand dépouillement.

Cela est très important pour nous. En effet, si c’est l’Agneau « comme égorgé » qui illumine toute la Jérusalem céleste, et si la grâce est « semence de gloire » (cf. 1 P 1,23), la Jérusalem céleste est déjà en nous. Le cœur blessé du Christ est donc pour nous le lieu par excellence de la contemplation du Christ.

 

M.-D. Philippe, OP, J’ai soif, entretiens sur la sagesse de la Croix

© Éditions Saint-Paul
Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Les trois sagesses


Voir le profil de Les trois sagesses sur le portail Overblog

Commenter cet article