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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

ATTENTE (I)

MDPAprès le mystère de la blessure du cœur, c’est le grand mystère du Sépulcre, l’attente de la Résurrection. Marie vit de ce mystère du Sépulcre. Selon les Pères de l’Église, Marie seule vit de ce mystère, c’est un mystère qui lui est réservé. C’est donc la descendance de la Femme qui doit vivre de ce mystère, et on ne peut le comprendre qu’auprès de Marie. Marie vit au plus intime de son âme une union intime avec l’âme de Jésus, l’âme séparée qui descend aux enfers et le cœur blessé de l’Agneau qui est dans le Sépulcre. Ce qui est vécu dans le Verbe est vécu dans le cœur de Marie d’une manière contemplative, dans sa foi, son espérance et son amour. Et Marie vit cette séparation, elle attend le moment où Dieu le Père réalisera la Résurrection, l’union de l’âme séparée de Jésus et de son cadavre, une union nouvelle qui se réalisera dans la Résurrection. Il faut que, souvent, nous revenions auprès de la Très Sainte Vierge pour entrer dans ce dernier mystère, ce dernier abaissement : Jésus remis aux entrailles de la terre et Marie qui vit de ce mystère, qui en vit pour hâter l’heure de la Résurrection. C’est le dernier mystère de la vie du Christ sur la terre et ce sera le dernier mystère de l’Église dans l’attente du retour du Christ.

Après cela, Joseph d’Arimathie, un disciple de Jésus, mais qui l’était en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate d’enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc et enleva son corps. Nicodème aussi vint, celui qui au début était venu vers Jésus de nuit ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès d’environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de bandelettes, avec les aromates, selon que les Juifs ont coutume d’ensevelir. À l’endroit où il avait été crucifié, était un jardin, dans ce jardin un tombeau tout neuf, où personne encore n’avait été mis. À cause de la Préparation des Juifs, comme le tombeau était proche, ce fut donc là qu’ils mirent Jésus.

 Nous voyons donc, à cause du grand sabbat, à cause de la Pâque, la précipitation des événements. On ne peut pas laisser les corps sur le gibet. Il faut nécessairement les arracher du gibet et les enterrer. On comprend très bien l’attitude de ces deux grands amis du Christ. Joseph d’Arimathie était disciple en secret par peur des Juifs, il était sûrement un homme très noble, qui avait une situation extrêmement importante. La preuve, c’est qu’il peut aller trouver Pilate directement. Ce n’est pas n’importe qui ! Et on souligne qu’il était disciple « en secret ». Donc il savait très bien qu’il devait garder son poste, et sans doute que Jésus le lui avait dit, parce que c’était un homme d’un cœur noble. Et il se dévoile comme disciple du Christ au moment où cela va le plus mal, au moment où tout est achevé. Cela, c’est la noblesse du cœur. Parce que, quand tout va bien, on a beaucoup d’amis. Quand rien ne va plus, on en a moins. Et quand on est crucifié, on en a encore moins ! C’est tout le temps comme cela. Il ne peut pas en être autrement : c’est humain.

Joseph d’Arimathie se lève à ce moment-là, au moment précis où tout semble terminé pour Jésus. Il a été crucifié. Le Père n’est pas intervenu. Pour lui qui a ressuscité des morts, le Père n’est pas intervenu. Il y a eu le grand silence du Père, le grand silence de Marie, le grand silence des Apôtres, celui de Jean et celui des autres. Et Joseph d’Arimathie est là. C’est un pieux laïc, c’est le grand laïc consacré à Jésus, qui prend la relève au moment où les Apôtres, de fait, sont absents, sauf Jean. Et à côté de Joseph d’Arimathie qui est sûrement engagé dans le point de vue politique et temporel, il y a Nicodème, le théologien qui fait partie du Sanhédrin. Lui aussi, jusque-là, n’avait jamais dit ouvertement qu’il était disciple de Jésus. Ils sont les deux grands témoins qui sont là présents au moment où Jésus est totalement abandonné. C’est pour cela qu’on peut dire que le mystère du Sépulcre, c’est la liturgie des grands laïcs : Joseph d’Arimathie et Nicodème. Et Nicodème est celui qui va apporter un mélange de myrrhe et d’aloès pour que la sépulture se fasse selon la coutume religieuse. Jean insiste sur cette liturgie : Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de bandelettes, avec les aromates, selon que les Juifs ont coutume d’ensevelir. Jean, lui, est avec Marie.

 

M.-D. Philippe, OP, Suivre l'Agneau, t. 4

© Editions Médiaspaul

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