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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Annonciation...

les mains de l ange detail de l annonciation« Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son seigneur, mais je vous ai appelés amis parce que tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez, vous, et portiez du fruit et que votre fruit demeure, pour que, tout ce que vous demanderez au Père en mon Nom, il vous le donne » (Jn 15, 15-16). Cette parole de Jésus à ses Apôtres au cours de la dernière Cène est éminemment vraie pour Marie. Et elle l’est au jour de l’Annonciation !

Marie se dit la servante du Seigneur, et répond à l’ange : « qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38). Mais ce service, qui fait partie du réalisme de la réponse de Marie au Père, est enveloppé d’un amour de préférence, du choix d’amour par excellence de Dieu : dans le mystère de l’Annonciation, Marie est choisie. Elle est aimée d’un amour de préférence par le Père et par le Fils qui, éternellement, est le secret substantiel de sa vie de Père.

Parmi toutes les femmes de la terre, Marie est choisie comme l’unique, celle que le Père établit pour qu’elle porte ce fruit divin : l’humanité sainte de Jésus. De la racine de Jessé a jailli ce rameau qui porte le fruit par excellence qui demeure en vie éternelle : le Fils bien-aimé du Père prend chair en elle. L’humanité sainte de Jésus est le fruit le plus merveilleux de la vie des hommes : en elle, la terre rencontre le ciel, l’humanité est en Dieu. Et c’est en Marie et par elle que cela s’accomplit sous l’action de l’Esprit Saint. C’est le choix du Père ; et c’est le choix du Fils qui éternellement reçoit tout du Père : « ce que le Père fait, le Fils le fait pareillement » (Jn 5, 19). En ce sens, le mystère de la maternité divine de Marie est une amitié divine, un mystère d’amour divin.

C’est sur ce choix du Père et sur cette réponse de Marie que repose toute l’Église, c’est là que se comprend toute la vie chrétienne. En ce sens, nous comprenons, comme le disait Jean Paul II, que « la dimension mariale de l’Église précède la dimension pétrinienne, tout en lui étant étroitement unie et complémentaire. Marie, l’Immaculée, précède toute autre personne et, bien sûr, Pierre lui-même et les Apôtres. Non seulement parce que Pierre lui-même et les Apôtres, issus de la masse du genre humain qui naît sous le péché, font partie de l’Église “sancta ex peccatoribus”, mais aussi parce que leur triple munus ne tend à rien d’autre qu’à former l’Église dans cet idéal de sainteté qui est déjà préformé et préfiguré en Marie » (« Allocution aux Cardinaux… » (22 décembre 1987), § 3, in : DC, n° 1955, 7 février 1988, p. 134) ; « Ce lien entre les deux profils de l’Église, le profil marial et le profil pétrinien, est donc étroit, profond et complémentaire, même si le premier est antérieur tant dans le dessein de Dieu que dans le temps, plus élevé et prééminent, plus riche d’implications personnelles et communautaires pour les vocations ecclésiales particulières » (ibid.).

C’est cette Mère que Dieu s’est choisie qui sera donnée à Jean comme Mère par Jésus crucifié. Nouvelle Annonciation, qui établit le mystère de la charité fraternelle dans ce qu’il a de plus parfait : « Ce que je vous commande, c’est que vous vous aimiez les uns les autres » (Jn 15, 17). Le fruit divin qui en jaillit est le mystère de l’Église.

Marie-Dominique Goutierre

© www.les-trois-sagesses.org

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