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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Adoration et action de grâces

La dimension fondamentale de notre vie chrétienne est bien l'adoration personnelle en action de grâces, une adoration entièrement transformée par la charité et commandée par le don que le Père nous fait de lui-même en nous donnant son Fils.

GOUTIERRE-L'homme, route du ChristC’est cela qui éclaire très profondément, dans la vie de l’Église, le sens de la vie contemplative : cette offrande apparemment inutile, en action de grâces pour l’amour du Père et le don du Christ. En raison de ce don, cela a un sens éminent que des hommes et des femmes, des religieux et des religieuses, livrent leur vie, en quelque sorte en pure perte (en ce sens qu’ils n’accomplissent pas d’œuvres visibles par les hommes), dans l’adoration, dans la louange, dans la prière, dans la recherche contemplative de la vérité et de la sagesse. Sans cela, l’Église n’aurait proprement plus de sens, puisque la vie contemplative en est la partie principale, comme l’affirme saint Thomas d’Aquin. Jeanne d’Arc, de son côté, le dit avec fougue : « Messire Dieu, premier servi ». C’est le sens radical de la vie contemplative. Marie en a montré le chemin, elle qui, dans le mystère de sa Présentation a devancé la présence visible du Verbe incarné, et s’est livrée à l’amour et à la miséricorde du Père pour elle. Par là, elle a hâté le mystère de l’Incarnation ; et dans l’Église, la pauvreté et la ferveur de la vie contemplative doivent hâter le retour du Christ dans la gloire : c’est là un aspect essentiel de sa vocation.

rembrandt53.jpgLà, nous comprenons que notre vie chrétienne n’est pas d’abord ce que nous en faisons ; elle est d’abord, à cause du mystère de Jésus, réponse à un amour sans mesure dans la petitesse évangélique. Comment pourrait-on répondre à un amour sans mesure autrement que par un amour sans mesure ? À une gratuité autrement que par une gratuité ? Pour nous, cela n’est pas possible sans la motion actuelle de l’Esprit Saint et la maternité divine de Marie. Et c’est pourquoi l’adoration est si importante : c’est là notre coopération à cette œuvre divine, notre bonne volonté que l’Esprit Saint aime voir en nous. Jésus a révélé à la Samaritaine qu’il n’était pas venu supprimer l’adoration, mais la transformer en une adoration véritable, plénière : « Le Père cherche des adorateurs en esprit et en vérité » (Jn 4,23-24). C’est là la dimension fondamentale de notre vie chrétienne ; elle nous apprend la première des béatitudes, celle des pauvres. Parce que Dieu est donné sans retour, « en pure perte », nous sommes, comme le dit le Curé d’Ars, des pauvres qui avons besoin de tout demander à Dieu ; nous sommes des pauvres qui recevons tout de lui, c’est-à-dire lui-même.

Notre personne chrétienne est donc marquée, d’abord par cette gratuité, parce qu’elle est une vie commandée par l’amour du Père, qui est un amour premier. Elle est enveloppée de la gloire de cet amour qui suffit à tout.

 

Marie-Dominique Goutierre, extrait de L'homme, route du Christ, à paraître aux éditions Parole et Silence.

© Parole et Silence

 

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