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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Un horizon jamais atteint...

L'artiste est en quête, au long du labeur, d'une vérité entrevue et jamais entièrement dite... Un itinéraire et une leçon de vie.

Un horizon jamais atteint...

« Je voudrais parler, avec autant de simplicité que je le puis, de ce que les écrivains taisent généralement. Je n’évoque même pas la satisfaction que l’on trouve, paraît-il, devant le livre ou la page réussis. Je ne sais si beaucoup d’artistes la connaissent. Pour moi, je ne crois pas avoir jamais tiré une joie de la relecture d’une page terminée. J’avouerai même, en acceptant d’être pris au mot, que le succès de quelques-uns de mes livres m’a toujours surpris. Bien entendu, on s’y habitue, et assez vilainement.

Aujourd’hui encore, pourtant, je me sens un apprenti auprès d’écrivains vivants à qui je donne la place de leur vrai mérite, et dont l’un des premiers est celui à qui ces essais furent dédiés, il y a déjà vingt ans [il s’agit de Jean Grenier]. L’écrivain a, naturellement, des joies pour lesquelles il vit et qui suffisent à le combler. Mais, pour moi, je les rencontre au moment de la conception, à la seconde où le sujet se révèle, où l’articulation de l’œuvre se dessine devant la sensibilité soudain clairvoyante, à ces moments délicieux où l’imagination se confond tout à fait avec l’intelligence. Ces instants passent comme ils sont nés. Reste l’exécution, c’est-à-dire une longue peine ».

 

Albert Camus, Préface pour la réimpression de L’envers et l’endroit, vers 1954

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