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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Un Feu sur la terre...

Un Feu sur la terre...

Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !

Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !

Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère » (Lc 12,49-53).

 

Comme il est bon d’entendre du Christ lui-même ce pour quoi il est venu. Nous l’utilisons si facilement pour nos projets : nous voudrions qu’il nous remette au paradis terrestre, qu’il nous fasse réussir notre vie humaine, qu’il se mette au diapason de nos petites perspectives humaines. Nous le mettons à notre service sans le suivre, si souvent sans entrer jusqu'au bout dans l’intention d’Amour qu’il a sur nous… Aussi est-il précieux, infiniment précieux, d’entendre de Jésus lui-même, grâce à la foi, ce qu’il est venu faire au milieu de nous : « Je suis venu jeter un feu sur la terre… »

Le Christ nous livre ainsi, comme à des amis, son intention la plus profonde. Il est venu du Père, il a pris notre chair, pour nous donner ce Feu : l’Esprit Saint lui-même, le mystère de l’Amour éternel du Père et du Fils. Venu sur notre terre, il a jeté ce Feu, il l’a répandu dans nos cœurs : « L’Amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par Son Esprit qui nous a été donné » (Ro 5,5) et qui habite en nous. Cet Esprit d’Amour et de Vérité grave dans notre cœur de chair la Loi nouvelle, celle de l’Évangile. Et le désir du Christ est que ce Feu, qui fait de Son Cœur de chair une fournaise ardente d’Amour, embrase notre propre cœur : « Quel est mon désir, sinon qu’il brûle ? »

 

C’est par la Croix, en s’offrant lui-même comme Victime d’Amour, en se livrant sans retour, que le Christ nous envoie l’Esprit Saint, le Paraclet : « Par un Esprit éternel, Il s’est offert sans tache à Dieu » (He 9,14). Devant l’indifférence des hommes, leurs refus, leurs peurs, leur orgueil, leurs projets mesquins d’habitants de la terre (selon le langage de l’Apocalypse), Jésus se livre lui-même, il se plonge pour eux dans le baptême de sa Passion. De l’Agonie jusqu’au sépulcre, il s’anéantit lui-même dans l’Amour pour glorifier le Père et sauver les hommes endurcis par leurs refus de l’Amour, paralysés par leurs peurs, aveuglés par leurs projets à courte vue. Témoin fidèle (Ap 1,5), il est le Martyre d'Amour par excellence, ce dont témoigne son Coeur ouvert, déchiré, d'où jaillit l'eau vive: « C’est celui-là qui est venu par eau et sang, Jésus-Christ, non pas dans l’eau seulement, mais dans l’eau et dans le sang ; et l’Esprit est celui qui témoigne, parce que l’Esprit est la vérité. Car ils sont trois qui témoignent : l’Esprit, et l’eau, et le sang, et les trois sont un » (1 Jn 5,6-8).

 

Cette sagesse de la Croix (cf. 1 Co 1,22 sq.) opère un discernement radical et tout à fait personnel. Même au sein de la famille. Devant le signe de contradiction qu’est le Christ, une séparation se fait : les raisonnements, les calculs cachés de bien des cœurs sont révélés (cf. Lc 2,33-35). Ce n’est pas à la manière des arrangements et des compromis du monde que Jésus nous donne la paix : « Je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas comme le monde la donne que moi je vous la donne… » (Jn 14,27). Devant l’Absolu de l’Amour révélé et livré dans le Cœur blessé du Christ, tous nos accommodements tombent… Le Paraclet opère un discernement radical. Sous son emprise d’Amour, dans sa Lumière, nous sommes invités à choisir le Christ et Son Amour, à nous laisser embraser sans compromis et sans retour en arrière, à nous livrer grâce à Marie immaculée et en elle.

 

L’évangile de ce dimanche nous prépare ainsi merveilleusement à la grande fête de l’Assomption : c’est dans ce Feu que Marie immaculée est emportée au Ciel, dans son âme et dans son corps. Embrasée par l’Esprit Saint, elle nous le donne maternellement et nous enfante pour faire de notre vie une offrande éternelle d’Amour.

 

Fr. Marie-Dominique Goutierre

© www.les-trois-sagesses.org

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