Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Marie et l'Esprit Saint, V

Marie et l'Esprit Saint, V

Nous avons parlé de la médiation de Marie à l’égard de la contemplation. Il faudrait voir aussi la médiation de Marie, la manière dont Marie est « utilisée » par l’Esprit Saint, pour nous faire vivre de la charité fraternelle. Et il faut comprendre aussi que l’Esprit Saint se sert de Marie pour sanctifier notre travail et faire en sorte que le travail nous dispose à la contemplation, et qu’il soit l’épanouissement de notre contemplation. C’est un aspect très important. L’Esprit Saint se sert de Marie pour purifier notre activité de travailleur. Il ne faut jamais l’oublier : il est le « Père des pauvres », et donc le Père des travailleurs. Car ce sont les pauvres qui travaillent, ceux qui sont vraiment pauvres.

Et l’Esprit Saint aime être le Père qui nous apprend à travailler ; et il le fait par la médiation de Marie, en se servant de Marie. Il veut qu’elle soit là. Si saint Thomas dit que chaque fois que nous voulons faire oraison, Marie est là, invitée par l’Esprit Saint, demandée par l’Esprit Saint, nous pouvons dire que chaque fois que, dans l’obéissance, nous devons travailler (travail spéculatif ou travail pratique), Marie est là, invitée par l’Esprit Saint, pour nous apprendre à travailler en enfant de Dieu, en serviteur de Dieu; pour nous apprendre à travailler en pauvre, à travailler uniquement pour la gloire de Dieu. Car c’est cela, travailler en pauvre. Si on travaille dans le but de se glorifier, ou dans le but de s’enrichir (cela dans tous les domaines, car on peut s’enrichir spéculativement), si on travaille pour cela, le travail n’est plus quelque chose qui nous dispose à la contemplation.

D’autre part, Marie veut qu’il n’y ait en nous aucune paresse. Marie a horreur de la paresse ; elle veut que nous soyons vraiment entièrement donnés au travail que Dieu nous demande. Mais pas dans l’agitation : dans une grande paix, selon le rythme même que l’Esprit Saint veut nous donner. Certains travailleront plus vite, d’autres travailleront moins vite. Le tout, c’est de travailler en donnant toutes ses forces, toutes ses énergies, toute sa générosité ; c’est de tout donner pour la réalisation du travail qui nous est demandé. Et là, nous avons besoin de la présence de Marie, pour ne pas perdre de temps. Cette présence de Marie dans l’éducation de l’Esprit Saint à l’égard de notre travail nous permet de ne jamais nous replier sur nous-mêmes en accaparant l’œuvre que nous faisons pour nous glorifier. Que les autres nous glorifient, cela n’a aucune espèce d’importance : on n’est pas jugé par les autres, on est jugé par le Christ, on est jugé par Marie. Il faut arriver à cette première grande purification que Marie veut réaliser en nous pour que nous restions des pauvres. Parce que c’est cela, la qualité dominante du pauvre : c’est celui qui ne s’arrête pas à l’œuvre qu’il a faite. Il n’a pas le temps de s’y arrêter : elle est immédiatement offerte. Il n’accapare rien de cette œuvre. Marie nous apprend cette pauvreté. Saint Thomas, après avoir réalisé son traité de l’Eucharistie, va le déposer auprès du tabernacle. Cela ne lui appartient pas, et il demande à Jésus de brûler ce qu’il a fait. Il faut que notre travail ne nous appartienne pas, que ce que nous réalisons soit entièrement offert et brûlé. Voilà l’éducation maternelle de l’Esprit Saint, par Marie, dans cette purification du regard du travailleur. Le travail devient alors quelque chose de merveilleux ; ce n’est pas du tout du dilettantisme, le travail du pauvre : c’est juste l’inverse. Toutes nos forces sont mobilisées pour réaliser ce que nous devons faire. Mais le point principal, c’est l’offrande de l’œuvre. On est attaché à son travail et on l’aime ; mais l’œuvre, elle, est offerte, elle est toute donnée. Marie purifie notre cœur de travailleur de cette manière ; et elle nous apprend à travailler comme des serviteurs fidèles, doux et entièrement dépouillés.

 

Marie-Dominique Philippe, OP, in: L'étoile du matin, Fayard.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Les trois sagesses


Voir le profil de Les trois sagesses sur le portail Overblog

Commenter cet article