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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Marie et l'Esprit Saint, III

Marie et l'Esprit Saint, III

C’est un très grand mystère, que l’Esprit Saint se serve de Marie pour se dévoiler, pour se communiquer ; et c’est beau, de voir comment l’Esprit Saint se sert de Marie pour avoir comme un « visage » pour nous. L’Esprit Saint est le souffle. Il n’y a pas de visage de l’Esprit Saint : il est celui qui nous échappe toujours. Et grâce à Marie il est présent, d’une présence qui reste toujours voilée par Marie. Le visage de Marie n’est pas le visage de l’Esprit Saint, c’est évident. Mais l’Esprit Saint veut se dévoiler à travers Marie, ce qui est différent. Et cela, nous pouvons le dire. Nous pouvons vraiment dire que, dans l’amour, il y a entre l’Esprit Saint et Marie cette unité personnelle de vie, comme entre deux amis, comme entre l’époux et l’épouse[1]. Dans une très grande amitié où les amis ne font plus qu’un, l’ami se cache derrière son ami et aime le faire passer devant lui ; de même que l’époux, quand il est pleinement époux, se cache derrière l’épouse et aime la laisser passer devant lui. C’est ce que fait l’Esprit Saint à l’égard de Marie : il se voile derrière elle et aime la laisser passer devant. C’est pour cela que nous faisons plaisir à l’Esprit Saint en regardant Marie dans sa présence auprès de nous, sa présence d’amour et de miséricorde, pour y découvrir cette présence cachée de l’Esprit Saint. Si l’Esprit Saint la laisse passer devant lui, c’est pour nous. C’est pour que nous comprenions l’amour qui anime l’Esprit Saint à l’égard de Marie et de chacun d’entre nous ; pour que nous comprenions ces mœurs divines de l’Esprit Saint qui sont les mœurs du Père et les mœurs du Fils – puisqu’il est l’Esprit du Père et l’Esprit du Fils. L’Esprit Saint se cache ainsi derrière la petite enfant bien-aimée du Père, réduite à une telle pauvreté à la Croix qu’elle est dans une petitesse et une dépendance nouvelles à l’égard de l’Esprit Saint. L’Esprit Saint se cache derrière celle qui est à l’égard du Fils crucifié, immolé, la Vierge Mère compatissante, achevant le mystère de sa maternité divine par la Compassion : Marie n’a jamais été autant Mère qu’à la Croix, lorsqu’elle est « un » avec son Fils bien-aimé, l’Agneau immolé. Et l’Esprit Saint aime laisser Marie passer devant lui, pour que nous comprenions mieux ce qu’est ce feu brûlant d’amour, qui tout en la brûlant, non seulement respecte sa propre dignité, mais lui donne la plénitude de sa vocation de petite enfant du Père et de Mère du Rédempteur.

On peut dire de cette union si grande qu’elle est l’alliance dans ce qu’elle a d’ultime, et qu’elle a pris possession de toute la vie de la Très Sainte Vierge en ne cessant d’être une alliance toujours plus forte et plus intime, et donc en faisant que, de plus en plus, l’Esprit Saint se communique à travers Marie. Et ce qui est vrai de la vie temporelle de Marie est vrai de sa vie actuelle dans le Ciel. Et plus l’Église s’approche du terme, plus l’Esprit Saint veut se manifester et se communiquer à travers Marie – comme dans la vie de la Très Sainte Vierge, qui annonce d’une manière exemplaire le développement de l’Église. On peut comprendre alors ce qu’il y a de si pressant, actuellement, dans l’action de l’Esprit Saint à l’égard du mystère de Marie, pour que nous puissions le découvrir plus profondément à travers le cœur glorifié de Marie, à travers l’Immaculée Conception. C’est à travers ce mystère de l’Immaculée Conception vécu actuellement dans l’éternité que nous pouvons découvrir cette source que l’Esprit Saint veut être pour nous : cette source de renouveau, cette source de l’amour qui se communique dans la plénitude de la ferveur, où le Feu nous est donné tel qu’il est dans la Très Sainte Trinité.

De même, en effet, que l’humanité sainte de Jésus ne fait pas écran au Verbe, Marie ne fait pas non plus écran à la communication de l’Esprit Saint. Il serait très fallacieux de dire : « Pour recevoir plus profondément l’Esprit Saint, pour le recevoir davantage, il vaut mieux le recevoir directement, et donc laisser Marie à sa place de petite créature ». Ce serait oublier les mœurs de l’Esprit Saint. Ce serait appliquer au divin notre mode humain de connaissance, qui implique l’abstraction ; et ce serait oublier les mœurs de l’Esprit Saint, qui sont justement des mœurs d’amour. En se servant de Marie et en se communiquant par Marie, il ne fait que se communiquer avec une plénitude plus grande, avec une force plus grande. Il faut demander à l’Esprit Saint de nous faire comprendre cela ; car c’est lui qui nous éduque. Marie aussi nous éduque, mais c’est l’Esprit Saint lui-même qui nous fait comprendre que nous devons demander à Marie de découvrir cela dans son mystère.

(A suivre)

 

Marie-Dominique Philippe, OP, in: L'étoile du matin, Fayard

 

[1] Voir saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la vraie dévotion, §§ 5, 20, 25, 34, 36, 49, etc.

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