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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Le premier jour...

Le premier jour...

« Le premier jour de la semaine ». Tout est dit !!! A partir du Christ ressuscité, du Christ crucifié et glorifié, TOUT est repris dans un ordre nouveau. TOUT commence ! Tout est repris, tout est recréé. Nous avons malheureusement pris l’habitude de voir le samedi et le dimanche comme le « week-end », la fin de la semaine ! Alors que le Dimanche, le Jour du Seigneur, est pour nous le premier jour de la semaine.

Oui, nous portons encore en nous « le monde ancien », la première terre et le premier ciel ! Nous portons encore en nous la « première création », marquée par le péché, vieille du premier péché, vieille comme Adam et Eve. Nous portons encore en nous l’homme ancien ; et nous sommes dans ce monde dont rien ne nous distingue extérieurement. Il y a encore les guerres, la violence, le péché, l’orgueil, les jalousies… Alors que le Christ est ressuscité ! Aujourd’hui, le Jour de Pâques, les guerres et les divisions du monde continuent… on ne respecte même plus « la trêve de Dieu », qui avait le mérite de rappeler que notre cœur doit changer !

Rien n’est changé extérieurement. Mais tout est changé divinement, par la foi dans le Christ ressuscité, victorieux dans l’Amour. « Le Christ habite en nous par la foi ». Et « si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi » : elle est sans finalité, elle n’a plus de sens. Car alors, c’est le monde qui est victorieux, c’est la mort qui a le dernier mot, c’est le tombeau et son énorme pierre dans lequel nous sommes enfermés, c’est le Cénacle, notre petit « entre soi » de bons chrétiens assiégés et apeurés qui est notre église…

Tout est changé divinement ! Tout est recréé dans un ordre nouveau : « le premier jour de la semaine »… Mystère d’éternité qui s’empare de notre temps et nous communique son éternelle jeunesse.

 

Comment y entrer ? En acceptant de nous mettre en route dans la foi, comme Marie-Madeleine, comme Pierre, comme Jean le matin de Pâques !

Marie-Madeleine est allée au tombeau dans un désir et un amour pour son Seigneur plus forts que sa tristesse. Et là le Seigneur l’attendait.

Pierre, délogé par Marie-Madeleine, a accepté de courir au tombeau en sortant de son repli sur lui-même, de la tristesse de son triple reniement ; lui, le Prince des Apôtres, il avait renié son Maître à cause du ricanement d’une servante… ce n’était vraiment pas glorieux ! Et il a accepté de se lever, de secouer sa torpeur, et d’aller au tombeau.

Et Jean, le seul fidèle? Il a porté Pierre et il a couru dans la ferveur de son Amour, grâce à Marie qu'il avait reçue à la Croix : il est monté, « plus vite que Pierre », il est monté dans la ferveur de l'Amour. Et là : « Il vit et il crut ».

 

Oui, c’est à cela que nous sommes invités : monter dans l’Amour, monter dans la ferveur de l’Amour. Déjà, Platon avait saisi que l'amour demande de monter, de s’élever; il montrait que l'amour est pauvre et dépasse tous les obstacles, ne s'encombre plus des conventions ni des limites mais s'en rit. Mais combien plus l’Amour divin, la charité : elle monte ! Où cela ? Pas au plafond !!! C’est l’araignée qui se trouve au plafond… NON !!! Là où est le Christ, dans l’Amour victorieux du Père qui l’attire à Lui. Il monte ! Il est en haut. Alors nous aussi, « tendons vers ce qui est en haut », là où est le Christ. Montons, dans la flamme du Feu nouveau, dans la ferveur de la charité et du désir, dans la foi. Le Christ est là, il saisit notre cœur et nous fait vivre, alors même que nous sommes encore sur la terre, pèlerins de l’Absolu de l’Amour, avec cette lumière de la foi. Oui, les difficultés, les tristesses, le deuil pourront continuer; oui, le monde demeure avec sa lourdeur, son hypocrisie et ses mensonges. Mais TOUT est changé car nous avons cette lumière : le Christ est victorieux de tout mal, de tout péché, de toute mort. Cette victoire habite notre cœur et s’empare de tout notre être. Elle a pour nom « miséricorde » ! Car qu’est-ce que la miséricorde, sinon l’Amour divin qui se communique avec la Toute-Puissance de Dieu, sans qu’aucun obstacle ne puisse s’y opposer? La pierre est roulée, les portes du Cénacle ne résistent pas, la peur a disparu, le tombeau de notre cœur est vide, nos conceptions étriquées et vides de sens sont dépassées et complètement brûlées. Nous ne sommes plus de cette terre mais du Ciel alors même que nous sommes encore sur la terre.

 

Le tombeau est vide ? Oui, pour que notre coeur, tout notre être et jusqu'à notre corps soit remplis par le véritable Amour, par la charité : Jésus n’est plus au tombeau, il est Vivant ! Et notre cœur ne peut plus être que là où est le Christ… Attiré par Lui.

 

Le Christ est ressuscité ! ALLELUIA !!!

 

Marie-Dominique Goutierre

Homélie pour le Jour de Pâques 2016

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