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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Vivre en Marie le Jubilé de la Miséricorde

Mosaïque, XIe siècle, Sainte-Sophie, Constantinople

Mosaïque, XIe siècle, Sainte-Sophie, Constantinople

Le 8 décembre, nous entrons dans l’année de la Miséricorde, voulue par le Pape François : un temps favorable durant lequel nous sommes invités à « fixer notre regard sur la miséricorde, afin de devenir nous aussi signe efficace de l’agir du Père » (Pape François, Bulle Misericordiae vultus, §3).

Pourquoi inaugurer ce Jubilé en la Solennité de l’Immaculée Conception ? Parce que Marie immaculée est le chef-d’œuvre de la miséricorde du Père qui relève et sauve. En Marie, cette miséricorde s’exerce d’une façon plénière, totale et souverainement gratuite. Elle enveloppe Marie dès le premier instant de sa conception et la préserve de tout péché, de tout refus de l’Amour de Dieu. En Marie immaculée, le Père fait « toutes choses nouvelles » (Ap 21,5). Elle est le fruit de la miséricorde du Père, comme Père : parce qu’il est premier, le Père agit dans une miséricorde prévenante, il devance. Il est Celui qui attire tout dans sa Bonté. Il est la Source ultime de l’Amour. Après l’humanité sainte de Jésus, c’est sur Marie que cette attraction s’exerce pleinement, sans aucun refus.

 

Une certaine théologie a séparé la Toute-Puissance de Dieu de sa Bonté et de sa Sagesse. Aussi a-t-elle conduit à voir dans la Personne du Père, Celui qui a tout pouvoir et agit d’une façon arbitraire ; face à Lui, il faut se soumettre et se conformer à une Loi, dans une justice coupée de l’Amour. Aussi est-il essentiel de découvrir que la miséricorde prévenante du Père est l’alliance entre sa Toute-Puissance et sa Bonté souveraine : Dieu nous attire à Lui dans sa Bonté ; et la puissance de cette attraction est telle que rien ne peut lui faire obstacle, l’empêcher de s’exercer. « La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée » (Jn 1,5). La miséricorde est la plénitude de la victoire sur le mal et le péché. Et pour que nous « comprenions » la puissance de cette miséricorde, le Père, dans un geste d’une gratuité absolue, l’a réalisée en Marie immaculée.

 

Pour nous, cela est très important à comprendre, puisque Marie nous est donnée comme Mère. Elle nous est donnée pour que nous vivions ce mystère. Une mère donne la vie et ne garde rien pour elle-même. Si le Père a accompli le chef-d’œuvre de sa miséricorde en l’Immaculée, c’est pour nous le donner ; il est pour tous ceux qui sont rachetés par le sang du Christ (cf. Ap 7,13-17). Ce mystère nous appartient dans la mesure où nous y croyons, il est pour nous dans la mesure où nous l’aimons. Si donc nous comprenons comment Marie est le chef-d’œuvre de la miséricorde, et si nous la recevons dans la foi comme Mère, nous pourrons pénétrer dans toutes les miséricordes du Père et en vivre. On ne peut pas vivre de la miséricorde du Père d’une façon plénière si on ne vit pas « en Marie », selon la belle expression de saint Louis-Marie Grignon de Montfort. En elle, nous comprenons l’efficacité de la miséricorde chrétienne, qui nous libère complètement du péché. Ce rachat s’accomplit selon une modalité différente pour nous et pour Marie : pour Marie il s’est fait en un seul instant, dès le premier moment de sa conception ; pour nous, il se fait progressivement, au long de ce pèlerinage qu’est notre vie ici-bas.

 

Ouvrir un Jubilé de la Miséricorde en la fête de l’Immaculée Conception, est donc un geste prophétique très fort du Pape François. Il invite toute l’Église et chacun de nous à se plonger dans la miséricorde prévenante du Père, à se laisser conduire par le Père, à le laisser nous attirer à Lui. Marie nous est donnée pour que, purifiés et éduqués divinement par Elle, tous les traits de notre âme et de notre corps deviennent aussi, peu à peu le reflet de la miséricorde prévenante du Père et de Jésus crucifié. Tel est le grand mystère de la sainteté chrétienne. Ce Jubilé nous est donné pour nous laisser façonner par la toute-puissance miséricordieuse du Père, pour nous laisser attirer par lui dans sa Bonté souveraine.

 

Marie-Dominique Goutierre

© www.les-trois-sagesses.org

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G. 08/12/2015 10:12

Si "Dieu nous attire à Lui dans sa Bonté ; et la puissance de cette attraction est telle que rien ne peut lui faire obstacle, l’empêcher de s’exercer." alors quelle est la place de notre coopération? Pourquoi lutter?
Où bien est-ce que notre lutte n'est d'abord que de chercher à rester dans cette lumière malgré le mal apparent qui lui aussi "s'impose" à nous...? fr.G.

Les trois sagesses 08/12/2015 12:43

Cela signifie, oui, que notre coopération est à l'intérieur d'une attraction radicale, première. Et elle consiste à répondre à cette initiative de Dieu qui se donne à nous dans sa Bonté. La grâce est première, et non pas le fruit de notre effort ou de notre mérite.