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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Le Cœur blessé du Christ (I)

Le Cœur blessé du Christ (I)

Un seul amour

Comme le dit saint Thomas à la suite de l’Epître aux Hébreux, le Christ est simul sacerdos et hostia, il est à la fois le prêtre et l’hostie de son sacerdoce (Somme théol., III, q. 22, a. 2). En contemplant (dans un regard de théologie mystique) ce mystère du sacerdoce du Christ, on pourrait dire que le cri de soif est le cri du prêtre, un cri qui nous montre le caractère contemplatif du prêtre, et que la blessure du cœur exprime l’ultime état victimal. Les deux ne font qu’un, les deux sont inséparables, mais la révélation ultime est bien celle de la victime. L’état victimal du Christ, d’une certaine manière, nous révèle mieux l’amour, le mystère de Dieu-Amour, que l’activité sacerdotale du Christ. N’oublions jamais cela. N’est-ce pas pour cela que le Pape Paul VI, dans son exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, dix ans après le Concile Vatican II, rappelait avec force que, dans un monde comme le nôtre, la parole ne peut plus se communiquer sans un témoignage de vie où l’apôtre va jusqu’au sacrifice « de toutes ses énergies et, au besoin, de sa propre vie » (n° 5). Et n’est-ce pas pour cela aussi que Jean Paul II, dans l’Encyclique Redemptoris missio, affirme avec tant de force que « le missionnaire, s’il n’est pas un contemplatif, ne peut pas annoncer le Christ d’une manière crédible – il est témoin de l’expérience de Dieu » (n° 91).

 

Il faut demander à Jésus de nous donner, grâce au don de sagesse, cette « expérience » divine qui nous fera comprendre que contemplation, charité fraternelle et zèle apostolique ne font qu’un dans la sagesse de Dieu. Personne ne pourra plus arracher cela de notre cœur ni de notre intelligence, parce que cela nous nouera profondément au cœur de Jésus. Car c’est cela, le mystère du cœur de Jésus : il ne serait pas le cœur blessé s’il n’était pas le cœur du Fils bien-aimé en qui le Père a mis toutes ses complaisances (Cf. Mt 3,17; 12,18 (Is 42, 1); 17,5; Mc 1,11; Lc 3,22; 2 Pe 1,17). Il ne serait pas le cœur blessé s’il n’avait pas une telle intensité de charité fraternelle pour Marie, pour Jean, pour tous les hommes, pour nous. Enfin, il ne serait pas le cœur blessé s’il n’avait pas cette soif de communiquer, de donner en plénitude, son amour et sa lumière. Il faut nous laisser attirer par le cœur blessé de Jésus, nous laisser prendre par lui. Cette blessure, dans la gloire, est toujours actuelle. Jésus, éternellement, a le cœur blessé, et éternellement il nous attire, et éternellement il dit au petit incroyant qui est en nous ce qu’il a dit à Thomas : « Avance ton doigt ici et vois mes mains, avance ta main et mets-la dans mon côté ; et ne te montre plus incrédule, mais croyant » (Jn 20,27). Le cœur blessé de Jésus doit être le pôle d’attraction de toute notre contemplation. Qu’est-ce qui plaît le plus à notre Père, qu’est-ce qui le réjouit ? C’est que nous contemplions la blessure du cœur de l’Agneau. On peut dire que tout l’Evangile de saint Jean est ordonné à cela.

 

Marie-Dominique Philippe, OP, J’ai soif, p. 125 sq.

© Editions Saint-Paul

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