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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

De la mort à la gloire: l'amour, unique sentier

De la mort à la gloire: l'amour, unique sentier

L’homme, lui qui est le seigneur de l’univers, voudrait bien que le Christ le dispense d’être remis à la terre. La mort nous conduit à cette humiliation, à cette pauvreté : la terre nous apprend quelque chose.

Le commencement du mystère de la sépulture du Christ, nous le gardons dans ce geste étonnant que l’Écriture nous rapporte tout en le laissant dans le silence : alors que Jésus est déjà mort, la mort s’inscrit dans sa chair par la blessure de son cœur. C’est donc là qu’est la lumière pour vivre cette mort. Sainte Catherine de Sienne souligne que c’est l’unique blessure mortelle ; et pourtant, elle est infligée après la mort : Jésus a devancé l’heure de sa mort et le réalisme de cette mort s’inscrit dans sa chair, dans la passivité du cadavre, par cette blessure.

L’Apocalypse nous dit que dans la Jérusalem céleste, il n’y a plus besoin de temple parce que son temple c’est le Seigneur lui-même et l’Agneau, l’Agneau comme égorgé. C’est la blessure du cœur du Christ glorieux qui est le cœur de la Jérusalem céleste, c’est là où la gloire rayonne. Nous ne devons jamais séparer la Croix et la gloire : la Croix est gloire pour saint Jean. C’est donc la blessure du cœur du Christ qui fait l’unité de la mort et de la résurrection et qui est le cœur de l’économie divine, du gouvernement de toutes choses par le Père et par l’Agneau. Par la Croix, le Christ ne nous remet pas au paradis terrestre ; il nous entraîne dans quelque chose qui va plus loin : un amour victorieux, glorieux, qui transforme toutes les blessures de la Passion en lieu de la manifestation et de la révélation de la gloire. Tous les lieux blessés deviennent, dans la Passion du Christ, le lieu de la gloire, le lieu de la victoire de l’amour. Jésus les a portés et montre que dans son cœur, la seule blessure mortelle, la mort devient vie parce qu’en lui, elle devient un mystère d’Amour.

Mourir d’amour, cela n’a rien d’une imagination pieusarde et malsaine… Thérèse de l’Enfant-Jésus le montre bien dans les Derniers entretiens. C’est suivre le Christ et faire de cette épreuve qu’est la mort une offrande d’amour ; comme elle le dit elle-même, elle n’a aucune force pour cela, aucune dureté, aucun stoïcisme malsain. La seule lumière, dit-elle, est de chercher la vérité.

La lumière vraiment chrétienne sur la mort n’a rien d’un discours stoïcien ni d’une dévotion lénifiante. Le Christ nous entraîne vers le Père dans son propre amour et c’est le mystère de son Cœur qui en est la clé : ce n’est plus une parole, tant il est vrai que l’amour dans ce qu’il a d’ultime ne se dit pas, mais un geste substantiel dans lequel il faut entrer. L’Eucharistie nous y aide et s’il n’y a pas l’Eucharistie le samedi saint, c’est pour que nous touchions par la foi le mystère dont l’Eucharistie est le sacrement : le Cœur blessé du Christ comme le lieu propre de la plénitude de l’Amour jusqu’à la fin. C’est le cœur du Christ qui est le lieu propre de la victoire de l’amour et qui est l’instrument de l’envoi du Paraclet. L’Esprit Saint, le Paraclet, nous est envoyé dans cette blessure du cœur de Jésus, à travers elle, pour que nous vivions ce temps d’attente, cette pauvreté, ce réalisme extrême de l’anéantissement dans lequel Jésus est entré et dans lequel nous avons à entrer nous-mêmes, pour que nous vivions dans le lieu propre où la gloire s’expérimente et éclate en splendeur. Il y a une continuité, dans le cœur du Christ, du sépulcre à la Résurrection, et il y a une continuité dans le cœur de Marie qui y adhère par la foi, dans la pauvreté de l’espérance et dans la ferveur tout intérieure de l’amour. C’est pourquoi, il faut entrer dans la passivité du samedi saint. Sinon, on ne voit pas le passage à la Résurrection. C’est le mystère du Christ, du cœur du Christ et de Marie dans la foi, l’espérance et l’amour, qui est le lieu de la continuité du sépulcre à la gloire.

 

Marie-Dominique Goutierre

© www.les-trois-sagesses.org

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