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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

La charité du Christ en croix (III)

Jésus donne sa Mère à JEAN. Après Marie, celui qui en un sens est le plus uni à son cœur, c’est Jean. Entre Jésus et Jean il y a des liens d’amitié très profonds. Il est le disciple bien-aimé. Parmi ceux qui ont été choisis, Jean a une place particulière. Il a comme une familiarité toute spéciale avec Jésus. N’a-t-il pas été le témoin des heures les plus glorieuses ? Aussi Jésus lui demande-t-il d’être le témoin des heures les plus douloureuses, d’être le témoin de toute la Passion, de la Crucifixion, du coup de lance. L’amitié très profonde qui unit le cœur de Jésus à son disciple bien-aimé, amitié qui est totalement sous l’emprise de la charité, incline Jésus à unir très intimement son ami à sa Croix. Mais en même temps, cette même amitié est source pour le cœur de Jésus de nouvelles souffrances, d’une nouvelle blessure : il doit faire souffrir un ami fidèle, le crucifier dans son cœur d’ami.

L’amour de charité que Jésus porte à saint Jean est si fort qu’il peut exiger de lui d’être là, présent à sa mort ignominieuse, exiger de lui le sacrifice de son ami. Jésus a de très grandes ambitions sur le cœur de son disciple bien-aimé. Il veut qu’il pénètre très profondément dans le mystère de l’amour de son cœur. Il veut que lui-même y soit associé, à son rang d’ami. Ce cœur sur lequel Jean s’est reposé, il doit s’ouvrir, pour qu’il s’y cache et y demeure.

La charité du Christ en croix (III)

Pour que tout ce mystère d’intimité se réalise entre le maître et le disciple, Jésus lui donne sa Mère : il lui donne celle qu’il aime le plus : « Voilà ta Mère ». Par là, il lui manifeste ouvertement l’amour si spécial et si confiant qu’il a pour lui. Ce n’est qu’à l’ami de son cœur que Jésus peut confier sa Mère, son trésor secret. Jean, à partir de ce moment, la prit in sua : au plus intime de son cœur. Elle lui est donnée. Elle devient le trésor de son cœur, celle qui maintient vivante dans son cœur la présence de son ami.

Notons bien que c’est dans ce sacrifice mutuel de leur amitié que la charité du cœur de Jésus à l’égard de Jean se manifeste le plus ouvertement par le don de sa Mère qu’il lui fait, et que la charité du cœur de Jean pour Jésus connaît une intimité toute nouvelle. Tous les deux ont alors même Mère : le cœur de Jésus et le cœur de Jean se trouvent alors étroitement unis dans le cœur de Marie, dans ce cœur broyé pour Jésus et pour Jean, dans ce cœur tout aimant et si dépouillé, qui ne bat plus que pour que l’unité de leurs cœurs soit de plus en plus parfaite. Voilà pourquoi elle est debout au pied de la Croix : c’est pour les tenir tous deux dans le secret de son cœur.

L’amitié humaine si pure et si belle, qui unissait Jésus et Jean, réclame que Jean soit présent à la Croix. Cette présence les crucifie dans leurs cœurs d’amis et permet en même temps à leur charité de se réaliser et de s’expliciter selon leurs inclinations les plus profondes.

 

(A suivre)

Marie-Dominique Philippe, OP, in: La vie spirituelle (1946)

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