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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

La vérité de la présence du Christ dans l'Eucharistie

La vérité de la présence du Christ dans l'Eucharistie

Que le vrai corps du Christ et son sang soient dans ce sacrement ne peut être saisi par le sens mais par la foi seule (sola fide), qui s’appuie sur l’autorité divine. C’est pourquoi, sur ce passage en saint Luc (22, 19) : Ceci est mon corps qui est livré pour vous, saint Cyrille dit : Ne doute pas que cela soit vrai mais reçois plutôt les paroles du Seigneur dans la foi ; puisqu’il est la vérité, il ne ment pas.

 

Or, cela convient d’abord, certes, à la perfection de la Loi nouvelle. En effet, les sacrifices de la Loi ancienne contenaient seulement en figure le véritable sacrifice de la Passion du Christ, selon cette parole de l’Epître aux Hébreux (10, 1) : La Loi ayant l’ombre des biens à venir, non l’image même des réalités. Et c’est pourquoi il fallut que le sacrifice de la Loi nouvelle institué par le Christ ait quelque chose de plus : à savoir qu’il le contienne lui-même ayant souffert la Passion, non seulement en signification ou en figure, mais aussi dans la vérité de la réalité. Et c’est pourquoi ce sacrement, qui contient réellement le Christ lui-même, est, comme le dit Denys, ce qui rend parfaits tous les autres sacrements, dans lesquels est participée la puissance du Christ.

En second lieu, cela convient à la charité du Christ, par laquelle il a assumé pour notre salut un vrai corps de notre nature. Et parce que le propre de l’amitié est par-dessus tout de vivre avec son ami, comme le dit le Philosophe au livre IX de l’Éthique à Nicomaque, il nous a promis en récompense sa présence corporelle : Là où sera le corps, là se rassembleront les aigles (Mt 24, 28). Entretemps, cependant, il ne [nous] a pas privés de sa présence corporelle durant [notre] pèlerinage, mais, par la vérité de son corps et de son sang, il nous conjoint à lui en ce sacrement : Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui (Jn 6, 57). C’est pourquoi ce sacrement est le signe de la plus grande charité et le réconfort de notre espérance, [puisqu’il opère] une conjonction si intime du Christ avec nous.

En troisième lieu, cela convient à la perfection de la foi qui, de même qu’elle porte sur la divinité du Christ, porte aussi sur son humanité, selon ce passage : Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi (Jn 14, 1). Et parce que la foi porte sur les réalités invisibles, de même que le Christ nous présente invisiblement sa divinité, de même aussi, dans ce sacrement, il nous présente sa chair selon un mode invisible.

 

Certains, ne prêtant pas attention à tout cela, ont affirmé que le corps et le sang du Christ, ne sont dans ce sacrement que comme dans un signe. Cela doit être rejeté comme hérétique, du fait que cela est contraire aux paroles du Christ.

 

Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, III, q. 75, a. 1

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