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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Le mystère de l'adoration (V)

L'adoration est encore le grand moyen qui nous permet de lutter, de garder le cap au milieu des tempêtes internes et externes... "La lumière luit au milieu des ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée" (Jn 1).

 

L’adoration et les conséquences du péché

La personne humaine pourra ensuite, si elle reçoit la grâce chrétienne en l’Église catholique, saisir que cette grâce la purifie de la faute originelle, cette faute contractée par l’âme spirituelle informant un corps qui est relié à sa source première en tant que descendant d’Adam et Ève. Cependant les conséquences de cette faute originelle demeurent, sous la forme d’un désordre dans l’affectivité sensible, passionnelle, dans l’affectivité imaginative et dans l’affectivité spirituelle, qui est source d’une tendance à s’exalter, à se considérer toujours comme plus important que les autres. Dans une communauté humaine non-chrétienne, ces trois « concupiscences », selon le langage de saint Jean (cf. 1 Jn 2,15-17), contaminent le milieu culturel soumis au démon, prince du mensonge (cf. Jn 8,44). De fait, si l’homme ne cherche pas à adorer et se laisse emporter par ses concupiscences, le milieu humain laissé à lui-même devient ce milieu dégradant, égoïste, livré au pouvoir du « prince de ce monde » (Jn 12,31 ; cf. Jn 14,30 ; 16,11). L’adoration implique alors une nouvelle dimension, que seul le chrétien peut déceler en sa foi dans le Christ. Elle est ce qui permet à l’homme d’échapper au mensonge ; elle est ce qui permet, grâce aux vertus théologales, d’échapper à une intersubjectivité mensongère, nihiliste et désespérante. Dans le réalisme de la foi qui montre l’influence des conséquences du péché originel, la réalité de l’adoration apparaît comme l’unique moyen qui nous sauve par le Christ.

Le mystère de l'adoration (V)

Par là, nous voyons encore mieux comment seul le réalisme de l’adoration peut nous maintenir dans un réalisme humain, capable de recevoir la grâce chrétienne. Ici encore, c’est l’adoration qui permet de manifester en acte ce qu’il y a de propre à la créature humaine au plus intime de sa personne. Celle-ci, si elle demeure essentiellement la même, est terriblement abîmée par les conséquences du péché originel. Certes, elle demeure capax Dei : son intelligence n’est pas modifiée dans sa nature ; mais à cause de l’exaltation du moi, elle est beaucoup plus facilement repliée sur elle-même dans son exercice. La nécessité des actes d’adoration est devenue encore plus grande, pour que l’intelligence garde son appétit propre de la vérité et s’éveille à son désir naturel de découvrir l’existence de l’Être premier. Cela se fait dans la lutte, et une lutte plus intérieure.

Le démon n’oublie jamais de se servir des conséquences du péché originel pour nous divertir et diminuer notre désir de la recherche de la vérité. Quand on est seul, souvent le milieu externe dans lequel nous vivons ne pourra pas maintenir en acte notre soif de vérité et notre capacité actuelle de découvrir l’existence de l’Être premier ; du point de vue apostolique, il faut être attentif à cela. La vie chrétienne, la plupart du temps, ne peut être vécue qu’en communauté de chrétiens qui cherchent ensemble à adorer ; et là, la prière liturgique est nécessaire.

(A suivre)

 

Marie-Dominique Philippe, OP

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