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Les trois sagesses

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (Jn 21)

Le mystère de l'adoration (I)

Dans l’Évangile selon saint Jean, l’entretien de Jésus avec la samaritaine (Jn 4) est significatif. Les Apôtres s’étant absentés pour préparer tout ce qui est nécessaire pour le repas, ont laissé Jésus fatigué, seul. Arrive cette femme, humainement inconnue de lui, une samaritaine. Elle vient puiser l’eau au puits de Jacob, vers midi… pendant que les hommes font la sieste. C’est auprès du puits qu’ils se rencontrent. Jésus, le premier, lui adresse la parole en lui demandant : « Donne-moi à boire » (Jn 4,7). Cette femme est très étonnée de voir cet homme, en qui elle reconnaît un jeune juif, lui adresser la parole et lui demander un service. Ce n’est pas la coutume, et elle le lui rappelle (cf. Jn 4,9).

Le mystère de l'adoration (I)

Soulignons bien tout de suite qu’il y a un abîme entre cette femme et Jésus. C’est Jésus qui veut ignorer cet abîme en le dépassant lui-même, et il le fait de la manière la plus humble, la plus pauvre, en prenant la place de celui qui mendie, et qui mendie de la manière la plus radicale : « Donne-moi à boire ». Devant l’attitude de Jésus, cette femme peut répondre sans aucun complexe : elle a tout ce qu’il faut pour répondre. N’est-elle pas en situation de supériorité par rapport à Jésus ? En effet, celui-ci n’a rien pour puiser l’eau du puits de Jacob.

Il est merveilleux de voir comment Jésus, homme-Dieu, infiniment supérieur à la samaritaine, se met lui-même dans la situation du pauvre, pour que cette femme puisse lui répondre sans être gênée et, bien que samaritaine, entrer en contact avec lui, un juif. C’est vraiment la manière la plus divine, la plus miséricordieuse, d’agir. Jésus, volontairement, se met à la place du mendiant face à cette femme, qui est très consciente à la fois de l’état injuste dans lequel les juifs la mettent, elle, samaritaine, et de sa supériorité relativement à ce jeune juif qui lui demande un service. N’a-t-elle pas la possibilité de puiser l’eau de ce puits si vénérable, donné par Jacob aux Samaritains, et échappant aux Juifs par le fait même?

Dans sa science infuse, Jésus savait qu’une samaritaine pourrait lui parler plus librement près du puits de Jacob. Etant chez elle, elle retrouverait là une dignité et une proximité à l’égard d’un juif jeune, fatigué. Cette rencontre nous révèle la bonté intelligente du cœur de Jésus qui ne supporte pas les divisions religieuses et fait tout pour les dépasser. Aussi ne veut-il pas l’humilier inutilement, mais réveiller en elle, dans son cœur de pécheresse, ce qu’il reste de meilleur : sa capacité d’aimer librement. Cela lui permet alors, dans une miséricorde toute divine, très simple et très douce, d’éclairer son cœur au plus profond, en lui montrant l’état lamentable dans lequel il se trouve :

Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari et viens ici. » La femme répondit, et elle dit : « Je n’ai pas de mari. » Jésus lui dit : « Tu as bien dit : Je n’ai pas de mari, car tu as eu cinq maris, et maintenant celui que tu as n’est pas ton mari ; en cela tu as dit vrai. » La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète !… » (Jn 4,16-19).

 

(A suivre)

Marie-Dominique Philippe, OP

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